J’ai passé plusieurs heures à éplucher les données de Substack pour comprendre qui publie en français, quelles newsletters réunissent le plus de lecteurs et combien parviennent à trouver des abonnés payants.
Vous connaissez l’illusion de fréquence ? Ce phénomène qui fait que, dès qu’on commence à s’intéresser à quelque chose, on a soudain l’impression de le voir partout.
Depuis que je m’intéresse à Substack, c’est ce qui m’arrive.
Substack semble être partout et sur toutes les bouches, et pourtant, dès que je sors de cette bulle, Substack n’existe pas.
Quand j’en parle à mes amis, personne ne connaît. Quand je vais à des soirées boulot, même constat.
Je me retrouve même à expliquer ce qu’est la plateforme, à quoi elle sert et pourquoi j’y passe autant de temps.
Alors forcément, j’ai eu envie de savoir ce qu’il en était. Est-ce que Substack est réellement en train de prendre de l’ampleur en France, ou est-ce que c’est moi qui ne veux plus voir que lui.
Combien sommes-nous sur Substack ? Qui publie sur Substack ? De quoi parle-t-on ? Quelles newsletters ont le plus de succès et combien parviennent à gagner de l’argent ?
Autant de questions que je me pose et dont j’ai eu envie de connaitre la réponse.
Premier constat ? Il a été assez difficile de répondre à ces questions.
J’ai trouvé très facilement des chiffres d’audience sur LinkedIn et Instagram, même s’il s’agit souvent d’estimations publicitaires et non de décompte précis. Sur Substack, en revanche, l’accès à des données est bien plus opaque.
N’y voyons pas un grand complot !
Je pense que cela s’explique, en partie, par la différence de modèle économique. LinkedIn et Meta tirent une grande part de leurs revenus de la publicité (leurs outils doivent donc fournir aux annonceurs des estimations d’audience). Substack s’est développé autour des abonnements payants et prélève une commission sur les revenus générés par les auteurs. Cela explique probablement pourquoi lorsqu’on cherche à obtenir une photographie précise du marché français, cela se corse !
J’ai donc eu envie de mener ma propre enquête. ( Décidément plus je passe de temps sur Substy, plus je me dis que j’aurais dû être détective ! J’adore fouiner !)
Après plusieurs semaines à éplucher les chiffres disponibles, consulter des études, parcourir les données publiques de la plateforme et croiser différentes sources, j’ai fini par réunir suffisamment de matière pour commencer à dessiner les contours de Substack francophone.
Je préfère vous prévenir, vous ne trouverez pas ici un recensement exhaustif ! Mais ces recherches m’ont permis de découvrir un univers bien plus diversifié que celui que j’imaginais, avec quelques résultats assez inattendus sur la réalité de la monétisation.
Je vous détaille ma méthodologie à la fin de l’article pour ceux que cela intéresse.
Substack continue-t-il vraiment de grandir ?
Avant de nous intéresser à la France, j’avais envie de vérifier si Substack continuait son ascension !
En 2023, la plateforme franchissait le cap des deux millions d’abonnements payants.
En février 2024, ils étaient plus de trois millions, puis quatre millions en novembre 2024 et cinq millions en mars 2025.
Une progression plutôt encourageante jusque là…
Seulement, en juin 2026, soit quinze mois après avoir franchi le cap des 5 millions, la plateforme communique toujours sur « plus de cinq millions d’abonnements payants ».
Alors, la croissance des abonnements payants ralentit-elle ?
Je n’ai pas les chiffres, je ne peux donc pas l’affirmer et « Plus de cinq millions » peut vouloir dire beaucoup de choses…
Un autre chiffre a attiré mon attention.
En juin 2026, Renée Kaplan, responsable du développement de Substack en France, expliquait au Journal du Net que le nombre de créateurs monétisés dans le monde avait doublé en dix-huit mois, passant de 50 000 à 100 000.
Nous avons donc d’un côté une progression importante du nombre de créateurs qui monétisent leur publication et de l’autre un nombre d’abonnements payants dont nous ne connaissons pas l’évolution précise depuis mars 2025.
Ces deux indicateurs ne portent pas sur les mêmes périodes et ne peuvent pas être comparés mais ils soulèvent une question :
Le nombre de créateurs qui cherchent à monétiser leur publication augmente-t-il plus vite que le nombre d’abonnements payants ?
Entre nous c’est un point du business model de Substack qui m’interpelle depuis le début.
Parce qu’il faut bien reconnaître que nous disposons tous d’un temps et d’un budget limités. Aussi excellente soit une newsletter, combien sommes-nous prêts à en payer chaque mois ? Une, deux, trois ?
Combien de publications francophones sur Substack ?
En juin 2026, Substack revendiquait « plusieurs milliers de publications actives » en France et « des dizaines de milliers d’abonnements payants ».
Voilà à peu près tout ce que l’on sait officiellement !
Je n’ai trouvé aucun nombre précis de newsletters françaises, aucune répartition détaillée par catégorie, ni même de définition publique de ce que Substack considère comme une publication active.
J’ai donc essayé de me dépatouiller autrement…
En croisant les classements, les recommandations de Substack et des jeux de données indépendants que j’ai pu récupérer, j’ai constitué un premier répertoire de plusieurs milliers de publications potentiellement francophones.
Parmi elles, 2 266 étaient déclarées en français dans les données directement collectées sur Substack.
Ce n’est pas un recensement exhaustif, puisque certaines publications ont forcément échappé à mes recherches, mais cela me semble une base intéressante pour commencer à observer ce qui se passe sur la plateforme.
Une dernière précision avant de regarder les résultats.
J’ai choisi de m’intéresser aux publications francophones et pas uniquement françaises.
Le répertoire comprend donc également des newsletters belges, suisses, québécoises ou publiées depuis d’autres pays.
De quoi parlent les newsletters francophones ?
J’ai commencé en regardant quelles langues étaient représentées dans ces classements. Et sans grande surprise, l’anglais occupe l’immense majorité des places, avec plus de 91 % des publications recensées.
L’espagnol arrive loin derrière avec 2,4 %, suivi du français (1,8 %), du portugais et de l’italien (1,6 % chacun).
Au total, 17 langues apparaissent dans les listes étudiées. Substack est donc bien une plateforme internationale, même si les publications anglophones occupent encore presque toute la vitrine.
Pour poursuivre mes recherches, je me suis intéressée aux classements que Substack publie dans ses 33 catégories (Culture, Business, Finance, Santé…). La plateforme propose deux classements : les « Meilleures ventes », fondées sur les revenus récurrents des publications, et les publications « En hausse », distinguées selon la progression récente de leurs abonnements payants.
J’ai parcouru les listes accessibles dans chaque catégorie jusqu’à la dernière page disponible, soit environ 15 900 positions au total. (Chaque liste s’arrête à 525 newsletters. Au-delà, Substack ne montre plus rien. Une petite newsletter n’y figure donc jamais, même si elle existe.)
Parmi les publications qui y figuraient, j’en ai identifié 274 écrites en français au 1er octobre 2026, sans compter deux fois celles présentes dans plusieurs listes.
Ces classements ne représentent donc pas toutes les newsletters francophones, mais les publications qui apparaissaient dans les listes mises en avant par Substack au moment de mon enquête. Vous pouvez d’ailleurs les consulter directement sur Substack.
L’international (géopolitique et enjeux internationaux) arrive en tête avec 19 publications, suivi du business et de la finance avec 18 publications chacun. L’actualité en compte 17, l’éducation 16, puis viennent notamment la santé et le bien-être ainsi que le voyage.
On retrouve donc des sujets assez variés parmi les publications francophones visibles sur Substack, avec une présence notable de l’économie, de l’actualité, de l’éducation et des contenus consacrés à la vie quotidienne.
Mais attention, lorsqu’on ajoute la taille de leurs audiences, les chiffres ne racontent plus la même histoire…
Quelles newsletters réunissent les plus grandes audiences ?
Parmi les 274 publications francophones que j’ai retrouvées dans les classements, 225 affichent publiquement leur nombre total d’abonnés, gratuits et payants.
J’ai donc comparé leurs audiences médianes, autrement dit le nombre d’abonnés qui partage chaque catégorie en deux moitiés.
Dans les classements étudiés, ce sont les newsletters consacrées à la santé et au bien-être qui affichent l’audience médiane la plus élevée, avec 20 000 abonnés, suivies de l’actualité (19 000), de la culture et de la technologie (15 000 chacune), puis de la finance (13 000) et du business (12 000).
À l’autre extrémité, on retrouve notamment la littérature avec 4 000 abonnés, la parentalité avec 3 000 et le voyage avec 2 000.
Il faut toutefois garder à l’esprit que ces chiffres concernent uniquement les publications présentes dans les classements consultés et dont le nombre d’abonnés est public. Certaines catégories reposent également sur de petits effectifs.
Reste désormais à savoir combien de ces lecteurs acceptent de payer pour les contenus qu’ils reçoivent.
Ouvrir une offre payante versus trouver des abonnés payants.
Ouvrir une offre payante ? fastoch !
Trouver des gens prêts à payer ? gloups …
La première chose que j’ai voulu vérifier est simple : Combien de publications proposent effectivement un abonnement payant ?
Cette fois, nous quittons les 274 publications des classements pour revenir aux 2 266 newsletters déclarées en français que j’ai recensées.
Sur ces 2 266 publications, 635 avaient une offre payante active début octobre 2026 et 97 l’avaient mise en pause.
Les 1 534 autres ne proposaient pas d’offre payante.
Autrement dit, un peu moins d’un tiers des publications recensées avaient ouvert, à un moment ou à un autre, la possibilité de faire payer leurs lecteurs.
Un tiers, honnêtement, cela me parait beaucoup mais ouvrir une offre payante ne demande finalement que quelques clics. Convaincre quelqu’un de sortir sa carte bancaire demande un peu plus de travail.
J’ai donc voulu savoir combien d’abonnés payants ces 732 publications avaient réellement réunis.
Et pour une fois, Substack nous donne enfin quelques indices.
À quoi servent les badges colorés de Substack ?
Je ne sais pas si vous les avez remarquées, mais il y a de petites coches colorées qui apparaissent parfois à côté du nom de certains auteurs sur Substack.
La plateforme attribue ces badges en fonction du nombre d’abonnés payants.
Les badges existent en trois couleurs :
violet : des dizaines de milliers d’abonnés payants
Orange : des milliers d’abonnés payants
Blanc : des centaines d’abonnés payants.
Ces badges ne donnent pas le nombre exact d’abonnés payants, mais ils permettent de donner une fourchette.
J’ai donc demandé à mon copain Claude de relever ces informations dans les données de Substack, en les recoupant avec les classements propres aux publications. Nous avons également pu récupérer des tranches plus précises pour celles qui comptent moins de 100 payants.
Après plusieurs vérifications et quelques corrections (les badges des auteurs ne correspondent pas toujours à ceux de leurs publications), nous avons finalement pu établir une répartition pour la quasi-totalité des newsletters recensées.
Plus d’une newsletter ayant proposé le payant sur deux n’a pas atteint dix abonnés payants
Commençons par les 732 publications ayant proposé une offre payante, puisque ce sont elles qui nous intéressent ici.
Parmi elles, 147 n’avaient aucun abonné payant dans les données relevées. Pour 251 autres, on en comptait entre un et neuf.
Cela représente 398 publications, soit un peu plus de 54 % du groupe.
Autrement dit, plus de la moitié des newsletters recensées ayant ouvert une offre payante n’avaient pas atteint dix abonnés payants au moment de notre collecte.
Et que deviennent les autres ?
Nous retrouvons 171 publications avec 10 à 99 payants et 58 dont nous savons seulement qu’elles se situent sous la barre des 100 abonnés payants, sans pouvoir préciser davantage leur nombre.
78 se situent dans la tranche de 100 à 999 abonnés payants et huit dans celle de 1 000 à 9 999. Aucune des publications recensées n’a été identifiée dans la tranche des dizaines de milliers.
Pour 19 newsletters, les informations restent insuffisantes pour déterminer une tranche.
Ce résultat mérite qu’on s’y attarde car on entend beaucoup parler de ces auteurs qui parviennent à vivre de leur newsletter, de ceux qui annoncent leur centième abonnement payant ou de ceux qui quittent leur emploi pour se consacrer entièrement à leur publication.
Ces réussites existent, mais derrière elles, des centaines de newsletters peinent encore à trouver des lecteurs prêts à payer pour leur contenu.
Cela ne signifie pas nécessairement que leurs auteurs ont échoué. Certaines viennent peut-être de lancer leur offre, d’autres la proposent simplement pour permettre aux lecteurs de les soutenir, sans véritable objectif commercial. Et nous ne connaissons pas depuis combien de temps chacun essaie de monétiser sa publication.
Il reste néanmoins un écart considérable entre les quelques clics nécessaires pour activer le payant et la constitution d’un lectorat disposé à payer pour votre travail.
Quelques belles réussites francophones
Parmi les publications qui ont franchi le seuil des milliers d’abonnés payants, on retrouve notamment :
Au Microb’scope, de The French Virologist.
La Douceur, de Lauren Bastide.
Rebelles, de Judith Duportail.
Renverser la table, de Victoire Tuaillon.
Si l’on considère que les 78 publications de la tranche « des centaines » comptent chacune au minimum 100 abonnés payants et que les huit de la tranche « des milliers » en comptent au moins 1 000, cela représente déjà un minimum théorique de 15 800 abonnements payants, rien que pour ces 86 publications. C’est cohérent avec les “dizaines de milliers d’abonnements payants” revendiqués par Substack en France, et cela suggère qu’une poignée de publications en concentre une bonne partie.
Il s’agit bien d’un plancher calculé à partir des tranches relevées, et non du nombre exact d’abonnements payants.
Toutes les newsletters n'ont pas besoin de faire payer leurs lecteurs
Il ne faut pas oublier les 1 534 publications recensées qui ne proposent pas d’abonnement payant.
Un consultant peut préférer publier gratuitement pour développer sa réputation, faire connaître son expertise et attirer des clients. Une entrepreneuse peut utiliser sa newsletter pour vendre ses produits ou ses services.
Dans ce dernier cas, une publication peut parfaitement participer à une activité rentable sans compter le moindre abonné payant.
Nous pouvons identifier les publications qui font payer leurs lecteurs, mais nous ne savons pas combien de clients, de ventes ou d’opportunités professionnelles une newsletter gratuite peut générer en dehors de Substack.
Une newsletter qui rapporte directement 500 € d’abonnements mensuels n’est pas nécessairement plus rentable qu’une publication gratuite qui permet à son auteur de signer plusieurs contrats dans l’année.
Combien peut rapporter une newsletter payante ?
J’ai voulu pousser le raisonnement un peu plus loin, parce qu’en soi, savoir qu’une publication possède « des centaines » d’abonnés payants ne nous dit pas combien son auteur gagne à la fin du mois.
J’ai donc fait quelques simulations (assez basiques je l’admets) avec un abonnement à 5 € mensuels..
Évidemment, ces montants sont théoriques. Ils supposent que tous les abonnés paient 5 € chaque mois, alors qu’il existe des tarifs annuels, des abonnements à différents prix et parfois des offres particulières.
Il faut aussi retirer les 10 % de commission de Substack, les frais de paiement et les charges liées à l’activité.
Et puis, il y a un autre sujet dont on parle finalement assez peu lorsqu’on célèbre les revenus des créateurs, celui du temps passé à produire leur contenu.
Une newsletter qui rapporte 1 500 € par mois peut constituer un revenu complémentaire très appréciable pour une personne qui y consacre quelques heures par semaine. Pour un journaliste qui mène des enquêtes à temps plein, la réalité économique sera bien différente.
Autre limite, les badges de Substack regroupent des publications aux revenus potentiels très éloignés.
Une newsletter qui compte 110 abonnés payants et une autre qui en compte 900 appartiennent toutes les deux à la catégorie « des centaines ». À 5 € par mois, la première générerait 550 € de recettes brutes, la seconde 4 500 €.
Vous voyez le problème.
Nous pouvons identifier des niveaux de monétisation, mais certainement pas calculer les revenus réels des auteurs à partir des seuls badges.
Pour autant, nos résultats permettent de situer un premier seuil. À 5 € mensuels, il faudrait environ 300 abonnés payants pour atteindre 1 500 € de recettes brutes par mois.
Parmi les newsletters recensées, nous savons seulement que 86 publications ont atteint au moins la tranche des centaines d’abonnés payants, sans pouvoir dire combien dépassent précisément le seuil des 300 abonnés.
Il reste donc difficile de mesurer combien parviennent réellement à vivre de leur newsletter.
Et finalement, qu’est-ce que je retire de tout cela ?
Au départ, je voulais comprendre si Substack prenait réellement de l’ampleur en France et à quoi ressemblait ce petit monde dans lequel je passe désormais autant de temps.
Mais ce sont surtout les résultats sur les abonnements payants qui ont retenu mon attention.
Parmi les publications recensées, plus de la moitié de celles qui avaient ouvert une offre payante n’avaient pas atteint dix abonnés payants au moment de la collecte. Quelques dizaines sont parvenues à réunir des centaines ou des milliers de lecteurs disposés à financer leur travail.
Je me dis que peut-être, la conclusion de tout cela est qu’il faut conserver à l’esprit que monétiser sa newsletter n’est pas une fin en soi.
Un auteur qui souhaite vivre de ses textes, un consultant qui développe son activité grâce à sa newsletter et une personne qui publie simplement pour le plaisir peuvent parfaitement afficher le même nombre d’abonnés sans poursuivre le même objectif.
Nous avons pris l’habitude de regarder les compteurs, les classements et les petits badges qui apparaissent à côté des noms, comme autant de preuves de réussite.
Je suis assez mal placée pour critiquer cet amour des statistiques après avoir passé plusieurs heures à en compiler mais le chiffre qui mérite notre attention dépend surtout de ce que nous cherchons à construire.
Pour certains, ce sera le nombre de lecteurs payants. Pour d’autres, les clients qui découvrent leur travail, les livres vendus, les rencontres provoquées ou simplement le plaisir de savoir que leurs textes sont lus.
Pour ceux qui publient gratuitement sans ambition commerciale particulière, je ne peux que vous encourager à continuer d’écrire tranquillement. Vous n’avez probablement aucune envie de transformer votre passion en activité lucrative et c’est très bien ainsi !
Je continuerai probablement cette enquête en m’intéressant aux publications qui ont trouvé leur propre manière de fonctionner, aux formats qui se distinguent et aux différents modèles économiques qui se construisent autour de Substack.
En attendant, j’aimerais bien avoir votre avis sur un sujet précis, vous qui êtes lecteurs : combien de newsletters payez-vous aujourd’hui et jusqu’à combien seriez-vous prêts à payer ?
À très vite,
Émilie
Comment ai-je mené cette enquête ?
Substack ne publiant pas de statistiques exhaustives sur ses publications francophones, j’ai croisé les chiffres communiqués par la plateforme, ses classements et recommandations ainsi qu’un jeu de données indépendant de plusieurs millions d’articles publié sur Mendeley Data.
La collecte s’appuie sur l’interface de programmation publique de Substack, non documentée officiellement, et sur un script Python qui a parcouru les classements par catégorie puis les recommandations entre newsletters.
Elle a permis d’identifier 2 266 publications déclarées en français. Les comparaisons par catégorie portent sur les publications en français présentes dans les classements de Substack (entre 272 et 278 selon la date de relevé). Ces listes sont plafonnées et ordonnées selon des critères que Substack ne publie pas : elles ne constituent pas un échantillon représentatif de Substack francophone.
Pour l’étude des abonnés payants, j’ai privilégié les données propres à chaque publication plutôt que les badges affichés sur les profils de leurs auteurs. Les tranches ont été obtenues à partir d’informations publiques et de champs techniques de Substack, dont certains ne sont pas officiellement documentés. Sur les 2 266 publications, 647 ont une tranche lue directement dans les données de Substack. Pour 1 600 autres, Substack ne fournit pas ce chiffre et je l’ai établi par raisonnement. Une newsletter sans offre payante n’a, par définition, aucun abonné payant (1 534 cas). Quand seul le badge de l’auteur est connu, je l’applique à sa newsletter si celle-ci est sa seule newsletter payante ou si le badge indique moins de 100 abonnés payants (66 cas). Les 19 restantes sont indéterminées.
Les résultats portent sur les publications recensées entre le 30 septembre et le 9 octobre 2026. Ils ne sont ni exhaustifs ni représentatifs de l’ensemble de Substack francophone.
Sources principales : Substack et sa documentation, Journal du Net (entretien avec Renée Kaplan, juin 2026), Press Gazette, Rejaul Karim, Substack Articles & Newsletter Metadata Dataset, Mendeley Data. Collecte et traitements réalisés avec Claude assistant, Code et Codex.
Pour aller plus loin sur Substack
Si vous avez envie de continuer à explorer le sujet, j’ai aussi publié d’autres articles pour mieux comprendre Substack et les différentes façons d’y développer une newsletter.
De l’idée aux premiers abonnés : comment construire une newsletter en 2026 ? Pour celles et ceux qui envisagent de lancer leur propre newsletter.
Débuter sur Substack : le guide complet pour créer votre newsletter









Bravo pour ce travail Émilie ! J'imagine les heures que ça t'a pris et à quel point ton cerveau a dû chauffer 😆
Je te rejoins complètement sur ta conclusion. Il y a tellement de façons de monétiser une newsletter, et activer le payant n'est absolument pas une obligation.
C'est d'ailleurs ce que j'essaie de transmettre aux experts et indépendants que j'accompagne, une newsletter entièrement gratuite peut déjà être un véritable actif pour leur activité. Des articles de fond qui renforcent leur autorité, installent leur crédibilité et génèrent des opportunités professionnelles, ça a une vraie valeur économique, même sans abonnements payants.
Après, je dois reconnaître que le modèle des abonnements a quelque chose de particulièrement satisfaisant. Quand tu te réveilles et que tu découvres qu'un nouveau membre fondateur t'a rejointe pendant la nuit, ou qu'une personne a souscrit un abonnement annuel, ça fait quelque chose ! Les notifications Stripe, on y prend vite goût 😅
Mais ce que j’apprécie encore plus, c’est tout ce qui accompagne la formule payante, les lives avec mes membres, mais aussi le fait de les voir s’approprier les outils que je leur propose et passer à l’action. J’ai des membres vraiment studieux, et c’est hyper gratifiant !
Aujourd'hui, je suis à 26 abonnés payants, avec un lancement très récent, il faudra évidemment plus de membres pour que le modèle devienne vraiment rentable au regard du travail fourni.
En tout cas, chacun doit pouvoir construire un modèle économique adapté à ses objectifs et surtout à son temps et à son énergie, mais aussi à ce qu'il aime réellement faire. Parce qu'il faut pouvoir le faire vivre sur la durée !
Et pour répondre à ta question, je paie une seule newsletter pour l’instant. Et pour le montant que je serais prête à payer, ça dépend vraiment de la thématique, de l’importance qu’elle a pour moi à un moment donné et surtout de la valeur ajoutée que j’y trouve et si elle répond à un besoin prioritaire. Si c’est le cas, je peux tout à fait envisager de payer une centaine d’euros par an pour une newsletter.
Je crois que Substack reste quand même un phénomène récent en France et beaucoup d'entre nous sont encore là à tester. Il n'y a qu'à voir les nombreuses notes qui disent "Bonjour, je suis nouveau sur Substack, etc." et c'est aussi mon cas. J'ai posté quelques notes et quelques publications.
Et d'ailleurs, si tu veux en savoir plus sur le temps, la transmission sous le regard de la vigne, abonne-toi à ma newsletter ou suis moi 🙏