Qu’est-ce qui donne envie de lire un livre que l’on ne connaît pas encore ? Comment un auteur peut-il susciter la curiosité, construire son univers et trouver ses premiers lecteurs avant même la publication de son roman ?
Pour ce deuxième entretien de mon enquête, j’ai échangé avec Jessica, alias Jesy, autrice en devenir et créatrice de Plotera, sur son parcours et les différentes façons de donner envie de découvrir un livre.
Ces derniers temps, je développe deux obsessions parallèles. La première est le cœur même de mon métier et de ma ligne éditoriale : comment devient-on une référence, comment devient-on « le favori » dans un monde déjà saturé de contenus ?
J’y parle beaucoup de Substack, parce que je suis convaincue que c’est un formidable levier pour se faire connaître et construire une relation avec ses lecteurs.
La seconde en découle plus indirectement. Je cherche toujours à comprendre ce qui suscite le désir et le choix, mais dans un milieu qui me passionne particulièrement, celui du livre. Je veux comprendre comment on fait naître l’étincelle aujourd’hui, cette envie de lire qui nous fait choisir un livre plutôt qu’autre chose.
Pour me faire une opinion, j’ai décidé de mener l’enquête en public. Après ma première discussion avec Nicolas Leroux, dont vous pouvez retrouver le résumé ici, j’ai interviewé Jessica.
Jesy (pour les intimes de Substy) se décrit comme une autrice-preneure. Elle écrit un roman, est passionnée de romance et elle a récemment développé un outil, Plotera, pour aider les auteurs à visualiser leur manuscrit et à suivre leurs intrigues.
La semaine dernière, j’ai donc rencontré Jessica.
Enfin, rencontré… comme on rencontre les gens de nos jours. Nous étions chacune derrière notre écran avec, au début de notre conversation, la pudeur de celles qui ne se sentent pas tout à fait légitimes sur le sujet.
Le monde du livre, les lettres, l’édition… tout cela peut donner ce syndrome de l’imposteur, l’impression d’entrer sur une chasse gardée où nous n’avons pas toujours notre place.
Et pourtant, on en a parlé pendant plus d’une heure. Nos mots, hésitants au début, sont vite devenus fluides et naturels, comme toujours quand un sujet nous passionne à ce point.
De non-lectrice à autrice-preneure
Il y a quelques années, Jessica ne se serait même pas présentée comme une lectrice. Alors comment passe-t-on de quelqu’un qui ne lit pas à autrice-preneure ?
Petite, elle dévorait les livres, puis l’habitude s’est effacée en grandissant. Quand elle lisait encore, c’était de la biographie, de l’entrepreneuriat, de la spiritualité, bref des livres dont elle ressortait avec le sentiment d’avoir appris quelque chose. Le roman lui semblait demander un effort qu’elle n’était pas sûre de pouvoir encore maintenir sur trois cents pages.
« J’étais persuadée que je n’arriverais pas à tenir un livre si je n’apprenais pas quelque chose. »
Puis une abonnée lui glisse que la fiction aussi peut apprendre des choses. Jessica va à la bibliothèque de sa ville, se balade dans les rayons sans rien chercher de précis et repart avec une new romance, d’abord parce que la couverture lui plaît, ensuite parce que le résumé lui parle un peu. Elle tente, sans grande conviction.
Non seulement elle arrive à suivre l’histoire, elle termine le livre (un pavé, en plus), mais surtout elle se met à attendre le soir pour retrouver sa lecture.
Un rituel s’installe, un livre en appelle un autre et quelques mois plus tard l’envie de lire se transforme en envie d’écrire…
J’adore cette partie de son histoire parce qu’elle permet de revenir à l’essentiel !
Jessica savait très bien qu’un livre pouvait être intelligent et enrichissant, personne n’avait besoin de la convaincre que lire était important ! Il lui manquait l’envie et il a suffi d’une remarque et d’une couverture dans un rayon pour la rallumer.
Le cœur de mon enquête est là…
Qu’est-ce qui nous donne assez envie pour qu’on accepte de donner plusieurs heures de notre attention à une histoire qu’on ne connaît pas encore ?
Publier ses chapitres ou raconter son chemin
Quand elle commence à écrire, Jessica fait ce que presque tout le monde ferait à sa place et publie ses textes, chapitre après chapitre.
Les premiers retours sont chaleureux, alors elle continue, jusqu’à ce que les réactions s’essoufflent doucement.
Au même moment, elle réalise qu’écrire un roman ne consiste pas seulement à ouvrir une page blanche et à voir où les personnages ont envie d’aller (ce qu’elle faisait, de son propre aveu, sans plan, sans synopsis, sans fil conducteur). Elle découvre le premier jet, la construction d’une intrigue, l’évolution des personnages, tout ce processus que les auteurs connaissent et dont elle n’avait aucune idée.
Alors elle arrête de publier ses chapitres et commence à raconter son parcours : ses découvertes, ses erreurs, ses doutes, un peu comme un journal de bord ou un laboratoire ouvert.
Sans vraiment le formaliser, elle passe de l’autrice qui publie ses chapitres à l’autrice-preneure qui pratique ce qu’on appelle en marketing le build in public.
« C’est là aussi où j’ai gagné de plus en plus d’abonnés, quand j’ai arrêté de publier mes chapitres et que j’ai switché vers le partage d’expérience, vers la documentation de mon parcours. C’est là que j’ai réussi à fédérer les gens. »
Quand elle m’a dit cela, intérieurement, je souriais, parce que cela rejoignait une intuition que j’ai depuis que j’observe les auteurs sur Substack et Instagram…
On veut être lu pour ses textes, alors on publie ses textes, ce qui paraît parfaitement logique à première vue… et pourtant cela marche assez peu. Quelques lecteurs passionnés et assidus suivent, mais beaucoup restent à l’écart car l’entrée est bien trop coûteuse.
Lire un inconnu coûte cher
Évidemment, lorsque je dis coûteuse, je ne parle pas d’argent, je parle d’attention.
Ouvrir un chapitre écrit par quelqu’un dont on ne sait rien, que l’on ne connaît pas, demande beaucoup d’investissement comparé à une vidéo de trente secondes ou à une anecdote bien racontée.
Il faut entrer dans un style, comprendre qui sont les personnages, accepter de ne pas savoir où on va et avoir une bonne raison de croire que ces dix à vingt minutes ne seront ni perdues ni ennuyeuses.
La qualité du texte n’a rien à voir là-dedans ! Un roman excellent peut passer inaperçu si personne n’a de raison de commencer à le lire, alors qu’on se jette parfois dans un livre imparfait parce que quelque chose nous avait donné envie de l'ouvrir.
Tant qu’on ne m’a pas donné de raison de les découvrir, un futur Goncourt et un brouillon raté restent exactement au même niveau.
Je vois les chapitres comme l’intérieur de la maison, ce qui fait qu’on s’y sent bien, qu’on a envie d’y rester et d’y revenir. Seulement, avant d’entrer chez un inconnu, il faut trouver une porte, ou au moins une fenêtre, un endroit facile d’accès qui ne demande pas un gros effort d’attention.
Jessica apporte une nuance que je trouve juste. Sur Wattpad ou Fyctia, la lecture chapitre par chapitre fonctionne encore très bien, surtout auprès d’un public jeune qui vient précisément chercher cela (elle venait d’ailleurs de croiser une autrice issue de Wattpad, fraîchement signée). Sur Substack, les lecteurs semblent venir chercher autre chose (et elle avoue en riant qu’elle-même a du mal à lire de la fiction sur un écran).
Publier ses chapitres peut donc marcher si on est au bon endroit et que l’on s’adresse au bon public, mais cela reste une porte très étroite quand personne ne vous connaît encore.
Comment se retrouve-t-on à acheter le livre d’une inconnue découverte sur Instagram ?
Dans mon précédent article, j’avais posé la même question à Nicolas : est-ce que tu as déjà découvert un auteur grâce à ses contenus en ligne, puis acheté son livre ?
Sa réponse était non. Il découvre des auteurs par une maison d’édition qu’il aime, une critique ou une recommandation, jamais parce qu’il les suivait déjà sur un réseau.
Jessica m’a répondu oui avant même que je finisse ma phrase.
Elle tombe sur une publicité Instagram d’une autrice autoéditée qui écrit de la dark romance. Au lieu de résumer son histoire, l'autrice part de tout ce que certaines lectrices détestent dans le genre pour leur dire : si c'est ce qui vous rebute d'habitude, mon livre est différent !
Jessica se sent visée (c’est précisément ce qu’elle n’aime pas dans le genre), alors elle clique, elle découvre un compte visuellement très travaillé, un univers cohérent, puis seulement le résumé du livre. Elle s’abonne, achète le premier tome et, la veille de notre conversation, elle venait de recevoir le deuxième.
On savait déjà que les réseaux peuvent vendre des livres. Ce qui m’intéresse ici, c’est l’ordre dans lequel les choses se sont passées.
Jessica n’a pas été happée par un premier chapitre. Elle a d’abord reconnu un agacement, puis compris en trois secondes ce qui rendait ce livre différent et seulement après elle a eu envie d’aller voir le texte.
Le livre restait le produit final mais la porte d’entrée était ailleurs…
Je trouve cela très parlant, parce que beaucoup d’auteurs essaient de faire désirer tout de suite la chose qui demande le plus d’effort (leur livre) alors qu’il faudrait d’abord donner envie d’entrer dans leur monde.
La différence de réponse entre Nicolas et Jessica mérite qu’on s’y arrête. Tous les lecteurs ne découvrent pas leurs livres de la même manière. Certains se fient aux critiques, aux maisons d’édition ou aux recommandations, d’autres peuvent être séduits par un univers découvert sur Instagram.
Cela pose une question aux auteurs. À qui cherchent-ils à donner envie de lire leur livre et qu’est-ce qui pourrait susciter l’intérêt de ces lecteurs-là ?
Et si les auteurs osaient un peu plus ?
Quand je demande à Jessica ce qui l’attire chez les auteurs qu’elle suit, elle revient toujours à l’idée d’un univers qu’on reconnaît.
Des couleurs, des typographies, des codes qui reviennent, bien sûr, mais surtout une façon de faire vivre le livre ailleurs que sur sa couverture.
Elle parle de montrer les personnages (dessinés si on sait dessiner, sinon avec des images Pinterest ou des vidéos de créateurs qu’on crédite), les lieux, les vêtements, les musiques, les scènes de films ou de séries qu’on retrouverait dans le roman.
Elle a même un joli mot pour ça : rendre son livre « personnifiable ».
« Il y en a beaucoup qui parlent vraiment du livre, mais du résumé du livre, et pas de l’histoire qu’on a voulu écrire, ou des sujets qui nous tiennent à cœur et qu’on ne met pas en avant dans la communication. Je trouve ça dommage. »
Parler autour du livre revient toujours à parler du livre, simplement cela offre une entrée plus accessible.
Jessica me donne un exemple que je trouve assez efficace. Plutôt que de raconter l’intrigue d’un roman que personne ne connaît, on peut accrocher le lecteur avec des références qu’il connaît déjà.
« Si vous aimez Gossip Girl et Charmed, alors mon livre devrait vous plaire. »
Bien sûr que cela « simplifie » l’œuvre, aucun roman n’est la somme de deux séries, mais en trois secondes j’ai déjà des images en tête, une ambiance et je sais si j’ai envie d’y aller ou non. La familiarité crée une attirance plus facile (on aime ce qu’on reconnaît un peu, c’est très humain).
Je trouve que la romance a compris cela depuis longtemps. Elle vend des codes, des personnages, des émotions attendues, des scènes que les lectrices ont envie d’imaginer avant même de connaître l’intrigue. J’ai aussi l’impression qu’en s’affranchissant un peu des codes traditionnels de la littérature, les autrices de romance osent davantage expérimenter dans leur façon de communiquer. Elles empruntent à la musique, au cinéma, aux séries, jouent avec les références populaires et inventent parfois des manières assez originales de faire vivre leurs histoires.
Jessica a d’ailleurs écrit un article sur ce que les auteurs pourraient piquer à l’industrie musicale, et plus on en parlait, plus le parallèle devenait évident. Quand un artiste sort un album, tout commence des semaines avant, avec des indices, une esthétique, des extraits, parfois un monde entier construit autour de quelques titres. Le livre, lui, reste souvent très littéral, avec sa couverture, son résumé, sa date de sortie, la photo du livre posé sur une table et le lien pour l’acheter.
Et je ne vois pas pourquoi un polar, un essai ou un roman plus littéraire ne pourraient pas, eux aussi, s’autoriser des choses un peu plus osées. Après tout, avant de désirer un livre, j’ai besoin d’imaginer ce que sa lecture va me faire ressentir, le monde où elle va m’emmener et le moment de ma vie où elle pourrait trouver sa place.
Jessica remarque que les auteurs américains osent davantage ce genre de rapprochements et que les Français s’y risquent moins. Et à force de parler de toutes ces façons de faire vivre un livre, notre conversation s’éloigne un peu des romans pour aller vers les initiatives qui se développent autour de leur lecture.
Parmi toutes les idées dont Jessica m’a parlé, il y en a une autre qui m’a particulièrement plu. Une autrice envoie chaque mois un chapitre par courrier à ses abonnées, dans une ambiance de correspondance à la Bridgerton, puis leur adresse le livre complet en édition collector à la fin de l’année.
Ses lectrices achètent une histoire, mais surtout une façon de la recevoir, une attente, un petit rendez-vous qu’on guette dans sa boîte aux lettres. Il paraît que ça marche bien et je ne suis pas étonnée (j’avoue que j’ai eu envie de m’abonner rien qu’en l’écoutant.)
Construire une audience avant d’avoir un livre : bonne idée ou belle distraction ?
Là, je reste partagée, et Jessica aussi.
Sur le papier, le raisonnement semble bon : On partage son travail, des gens nous découvrent, apprennent à nous connaître et le jour où le roman sort, quelques centaines de lecteurs déjà conquis sont au rendez-vous.
Fantastique, me direz-vous ?
Sauf qu’entre-temps il faut continuer à écrire ledit roman !
Jessica le reconnaît, quand elle travaille sur son outil ou sur Substack, elle écrit moins. Elle documente son parcours d’autrice, son parcours de créatrice d’outil, elle ajoute Instagram, aimerait revenir sur YouTube un jour…
La petite stratégie de visibilité peut vite se transformer en usine à gaz où l’on passe plus de temps à raconter qu’on écrit qu’à écrire.
Construire une communauté demande du temps, de l’énergie et des compétences qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec celles nécessaires pour écrire un roman.
À cela s’ajoute une incertitude que je trouve importante.
Une communauté d’auteurs qui s’intéresse à un outil ou à une technique d’écriture ne se confond pas nécessairement avec un lectorat de romance.
C’est une distinction qu’il faudra garder en tête dans la suite de cette enquête, parce que gagner des abonnés, trouver des lecteurs et vendre des livres sont trois résultats différents.
Le parcours de Jessica donne néanmoins un début de réponse à la question de la visibilité. Elle a publié ses chapitres et cela a peu fédéré, elle a raconté son chemin et les gens sont venus, elle construit maintenant un outil qui parle directement aux problèmes des auteurs.
Elle ne demande plus tout de suite aux gens de lire son roman, elle leur ouvre plusieurs petites portes.
Mais finalement, à vouloir construire son audience avant d’avoir écrit son roman, le risque est aussi de ne jamais trouver le temps de le terminer. Je crois que cette question mérite autant notre attention que toutes les stratégies de visibilité dont nous avons parlé…
Le mot de la fin : trois conseils de Jessica aux auteurs qui veulent se faire connaître
Avant de nous quitter, je lui ai demandé 3 conseils qu’elle donnerait à un auteur qui souhaite commencer à se faire connaître, et quelle erreur elle lui conseillerait d’éviter.
1. Créer un univers qu’on reconnaît
Sans transformer son compte en catalogue, répéter des couleurs, des typographies, des codes (si possible ceux de la couverture) permet au lecteur d’identifier peu à peu un univers reconnaissable.
2. Ne pas parler uniquement du livre
Pourquoi cette histoire et pas une autre, quels sujets vous obsèdent, à quoi ressemblent vos personnages, à quelles séries, chansons ou images votre univers fait penser ?
« Il y a plein de possibilités de parler de son livre sans juste montrer sa couverture. »
Si je ne devais garder qu’une phrase de notre heure ensemble, ce serait celle-là.
3. Ne pas rester seul dans son coin
S’entourer d’autres auteurs, soutenir leurs projets, imaginer des choses ensemble avec ceux avec qui le courant passe vraiment, plutôt que commenter mécaniquement cinquante posts par jour pour plaire à un algorithme.
Jessica insiste sur ce point. Les réseaux sociaux sont aussi des outils de sociabilité et les échanges les plus intéressants naissent souvent de relations naturelles, de personnes avec lesquelles on partage des affinités ou des projets.
Et l’erreur qu’elle éviterait à tout prix ?
Réduire toute sa communication à la couverture et au synopsis. À force de vouloir parler du livre, on oublie de donner envie du monde qui l’entoure.
Les recommandations de Jesy
Côté francophone, elle me recommande L’Atelier de Nora, une autrice autoéditée qui partage les coulisses et les chiffres de ses campagnes participatives, Camille Labrousse et Le Grimoire d’Alicia Garnier, une autrice publiée par de grandes maisons d’édition qui partage aussi ses doutes.
Côté anglophone, L. E. McQuinn, une autrice autoéditée au branding particulièrement réussi, et Cara Alwill, qui a développé un modèle d’accompagnement éditorial permettant aux auteurs de conserver leurs droits.
Voilà, vous savez (à peu près) tout de notre discussion désormais. Je suis ressortie de cette conversation avec une envie assez déraisonnable de recevoir des chapitres par courrier, de nouvelles idées pour mon enquête et la conviction que les auteurs ont beaucoup plus à raconter que leurs livres.
Bon, et vous ? Est-ce que vous avez déjà acheté le livre de quelqu’un que vous aviez d’abord découvert en ligne, et qu’est-ce qui vous avait fait craquer à ce moment-là ? Est-ce que vous avez déjà vu des initiatives, incroyables, élégantes, intrigantes, rocambolesques et surtout terriblement attractives ?
J’espère que ce nouveau format vous plaît. J’ai prévu de poursuivre cette réflexion à travers d’autres entretiens et d’autres points de vue. Si vous êtes auteur, éditeur, libraire ou travaillez autour du livre et que le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à m’écrire. Je serais ravie de poursuivre la conversation avec vous.
À très vite,
Émilie
Pour prolonger la lecture
📖 Écrire un bon livre ne suffit pas. Comment le rendre désirable ? Dans mon premier entretien, Nicolas Leroux, fondateur de La Langue française, partage un autre regard sur ce qui fait le succès d’un livre.
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Quel article rempli de valeur 😂 plus sérieusement merci d'avoir pensé à moi pour ce sujet, j'ai adoré notre échange 😉
Le passage sur le coût d'entrée en attention est sans doute ce que j'ai lu de plus juste sur le sujet. Je le retrouve à l'identique chez les créateurs qui vendent un service : le prospect ne compare pas vraiment la qualité de deux prestations, il compare l'effort de compréhension de deux pages. D'où la même bascule que Jessica, de « voici mon produit fini » vers « voici où j'en suis ».
Ce que je trouve intéressant, c'est ce que ça change côté business et pas seulement côté audience. Quand on montre le chemin, la confiance se construit avant le devis, et on discute beaucoup moins du prix : la porte d'entrée n'est pas une remise, c'est la preuve qu'on sait où on va.
Merci pour cette enquête, le format entretien rend tout ça beaucoup plus concret que les habituels conseils de visibilité.