L'autre jour, en parcourant les articles que j'avais publiés ces dernières semaines, j'ai réalisé une chose : j'avais beaucoup (trop ?) parlé de Substack.
Il faut dire que ces derniers temps, je m’y suis particulièrement intéressée. J’ai testé des fonctionnalités, expérimenté différentes stratégies, analysé des données… Et je dois avouer que je trouve cela passionnant. Enfin, pour moi :).
Mais je me suis aussi fait une réflexion : à force de parler de Substack, est-ce que je n’étais pas en train de m’éloigner de ce qui m’avait donné envie de créer Le Favori ?
Car le sujet de ma newsletter, dans le fond, n’est pas tant de savoir comment gagner des abonnés sur une plateforme que de comprendre comment on devient une référence auprès d’une audience.
Comment faire connaître son travail, construire une relation avec ses lecteurs et faire en sorte que cette reconnaissance puisse, un jour, servir nos ambitions. Qu’elles soient commerciales, professionnelles ou même personnelles.
Lorsqu’on construit une publication à partir de zéro, chaque nouvel abonné représente une petite victoire. Mais faire grossir son compteur d’abonnés sans rien construire autour, pour moi, c’est un peu comme réussir enfin à s’offrir le sac à main de ses rêves et ne rien mettre dedans. De l’esbroufe, en somme !
Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de la suite, qui d’ailleurs se rapproche bien plus de mon expertise que le fait de grossir sur Substack : une fois que vous avez des abonnés, comment faire pour que cette audience contribue réellement à vos objectifs ?
Si vous avez lancé votre newsletter pour le plaisir d’écrire et de partager, sans autre ambition particulière, vous n’avez évidemment pas besoin de lui imposer un objectif commercial. Mais si elle doit contribuer à faire connaître votre expertise, développer une entreprise, vendre vos prestations ou préparer la sortie d’un livre, alors il faut réfléchir à la place qu’elle occupe dans votre stratégie.
Car vous pouvez parfaitement réunir 1 000, 5 000 ou 10 000 abonnés sans que cette audience vous apporte la moindre opportunité. À l’inverse, une publication beaucoup plus petite peut devenir un levier déterminant pour une activité.
Tout dépend des objectifs que vous poursuivez, des personnes que vous attirez et de ce que vous avez construit autour de votre newsletter.
Autant vous prévenir, cet article s’adresse donc davantage à celles et ceux qui poursuivent un objectif précis avec leur newsletter qu’à ceux qui sont ici uniquement pour le plaisir d’écrire et de partager. Mais si j’ai bien fait mon travail, le titre devrait déjà avoir fait le tri à l’entrée pour que vous ne soyez pas déçus.
Au programme :
01 - Construire une stratégie newsletter efficace : définir ses objectifs et comprendre ce que son audience doit permettre de développer.
02 - Intégrer sa newsletter dans un écosystème marketing : organiser les liens entre visibilité, contenus, relation avec les lecteurs et offres commerciales.
03 - Développer sa newsletter et mesurer sa performance : choisir les bons leviers, identifier les priorités et évaluer les résultats.
1. Comment construire une stratégie newsletter efficace ?
Vous connaissez la différence entre une bonne et une mauvaise newsletter ?
La bonne newsletter, elle publie des articles, elle gagne des abonnés… c’est une bonne newsletter quoi !
La mauvaise newsletter, elle publie des articles, elle gagne des abonnés… Bon, mais c’est une mauvaise newsletter.
(Les vrais auront la ref… et sachez qu’à cet instant, je ricane seule devant mon ordi, très fière de ma blague pourrie… )
Plus sérieusement, le message que je veux vous faire passer ici est que le nombre d’abonnés n’est pas nécessairement le reflet de l’efficacité d’une newsletter.
En parcourant les témoignages de créateurs et d'indépendants, j'ai retrouvé à plusieurs reprises ce décalage entre la croissance de leur audience et les résultats qu'ils espéraient en obtenir.
Quelques témoignages :
“J’ai récemment fait une expérience : je voulais passer de 60 à 1 000 abonnés. J’y suis parvenue en moins de trois mois, sans publier de contenu original, juste en interagissant avec les autres. Mais ce type d’interaction ne génère aucun revenu, ce qui me donne l’impression d’un effort gaspillé en tant qu’autrice.”
“Je viens d’atteindre 10 000 abonnés, un jalon personnel que je m’étais fixé pour commencer à monétiser. Pourtant, je ne sais pas trop si je dois monétiser mon Substack et j’apprécierais les retours de la communauté. […] Mes essais très documentés demandent généralement environ 15 heures de travail par semaine.”
“J’ai constitué une audience de plus de 37 000 personnes sur plusieurs plateformes, dont Instagram et LinkedIn. Honnêtement, je pensais que cela se traduirait sans effort en leads ou en clients, mais ce n’a pas été le cas. Actuellement, je cherche toujours des clients avec qui collaborer.”
La croissance d’une audience et la performance économique d’une publication se mesurent séparément.
Sur Substack, la solution la plus évidente consiste à activer les abonnements payants, un modèle que la plateforme encourage largement et qui peut parfaitement fonctionner. Mais la monétisation directe de sa newsletter est loin d’être la seule manière de générer des revenus grâce à son audience.
Une newsletter peut connaître un véritable succès éditorial sans contribuer directement aux revenus de son auteur.
À l’inverse, une publication peut rassembler une communauté relativement modeste tout en jouant un rôle important dans l’acquisition de clients, leur fidélisation ou la recommandation d’une activité.
À chaque objectif, sa stratégie
Une newsletter peut poursuivre des ambitions très différentes selon le projet dans lequel elle s’inscrit :
Vous êtes consultant indépendant : vous souhaitez faire connaître votre expertise, développer votre crédibilité et obtenir davantage de missions.
Vous dirigez une marque : vous cherchez à développer ou renforcer votre image de marque, expliquer sa valeur, entretenir la relation avec vos clients.
Vous êtes autrice : vous voulez construire progressivement un lectorat, fidéliser vos lecteurs et préparer la sortie de vos prochains livres.
Vous développez un média indépendant : vous souhaitez réunir une audience fidèle et construire un modèle économique autour des abonnements payants, des partenariats ou de produits éditoriaux.
Les objectifs et les ambitions peuvent être très différents. L’important est de bien les identifier, puisque ce sont eux qui vont déterminer la stratégie à adopter, les leviers à privilégier et les résultats à mesurer.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les recettes de croissance qui circulent sur les plateformes ne suffisent pas à construire une stratégie.
Une newsletter doit s’inscrire au coeur d’une stratégie plus large, un écosystème marketing.
2. Comment intégrer sa newsletter dans un écosystème marketing ?
Imaginez votre newsletter entourée de tous les éléments qui participent au développement de votre activité : vos réseaux sociaux, votre site, vos articles, vos offres, vos échanges avec les lecteurs, vos clients et vos partenaires.
Chacun peut remplir une fonction particulière : Votre site présente vos prestations, vos articles apportent des informations et démontrent votre expertise, les recommandations de vos lecteurs vous font connaître auprès d’autres personnes…
Pour que cet ensemble fonctionne, il faut que ses différents éléments soient reliés.
La circulation entre vos canaux, vos contenus, votre audience et votre activité donne tout l’intérêt à l’écosystème marketing.
La newsletter peut y occuper une place centrale, particulièrement lorsque votre activité repose sur une expertise, une voix ou une relation de confiance.
Elle n’est cependant pas un passage obligé et elle ne doit pas être faite au détriment de votre activité principale. Je le précise car une newsletter peut être très chronophage, et la course aux abonnés grisante au point parfois d’oublier pourquoi on souhaitait la lancer.
Les 5 fonctions d'une newsletter dans votre écosystème marketing
Pour construire cet écosystème, je m'appuie sur une progression simple que j'utilise au quotidien dans mon travail et qui guide le parcours du lecteur. C'est le cœur de la Méthode Favori : accompagner votre prospect pour qu'il vous voie, vous reconnaisse, vous croie, vous préfère puis vous choisisse.
01. Attirer les bonnes personnes
La première étape consiste à vous faire découvrir auprès des personnes que vous souhaitez réellement toucher, en utilisant les canaux qu’elles fréquentent : réseaux sociaux, Google, podcasts, et sur Substack, les outils à votre disposition tels que les articles, notes, collaborations, recommandations…
L’objectif : attirer une audience qui correspond à votre cible, plutôt que de chercher à gagner des abonnés à tout prix.
02. Leur donner envie de s’abonner
Votre proposition éditoriale doit permettre à une personne de comprendre ce qu’elle va recevoir, quels sujets vous traitez et pourquoi elle aurait envie de vous lire régulièrement.
Cette promesse se construit à travers votre page de présentation, vos articles et éventuellement une ressource proposée à l’inscription.
Si vous en êtes encore aux premières étapes de lancement de votre newsletter sur Substack, j’ai également préparé un guide complet pour vous accompagner de l’idée aux premiers abonnés.
03. Nourrir la relation
Une fois la personne abonnée, vos contenus lui permettent de découvrir votre expertise, votre regard et votre manière de travailler.
Les articles, les réponses aux emails et les conversations contribuent à construire cette relation.
Pour une activité commerciale, des communications plus ciblées peuvent également accompagner un besoin particulier, par exemple après le téléchargement d’une ressource ou une inscription à un atelier.
04. Faciliter le passage à l’action
Lorsqu’un lecteur souhaite approfondir un sujet, acheter un produit ou travailler avec vous, il doit pouvoir comprendre les possibilités qui s’offrent à lui.
Vos pages de services, vos offres, vos témoignages et vos moyens de contact interviennent ici.
Cette étape est primordiale car si vos contenus donnent envie à un lecteur de découvrir vos prestations, encore faut-il que votre page d’offre (ou landing page, pour les initiés !) soit suffisamment claire et convaincante pour lui permettre de passer à l’action.
Une newsletter peut contribuer à présenter ces possibilités mais à mon sens elle ne doit en aucun cas devenir une opération commerciale. Une newsletter n’est pas un emailing de proposition de collaboration.
L’enjeu est plutôt de créer des occasions naturelles de découvrir vos offres, lorsqu’elles répondent aux préoccupations de vos lecteurs.
05. Fidéliser et encourager le bouche-à-oreille
Chacun de vos contenus permet de développer et entretenir la confiance de vos lecteurs, leur faire découvrir de nouvelles ressources et les encourager peut-être un jour à commander ou recommander votre travail.
Les lecteurs qui n’achètent rien peuvent également contribuer à votre visibilité en partageant vos publications ou en parlant de vous à leur entourage.
La boucle se poursuit ainsi : des lecteurs satisfaits recommandent votre newsletter, de nouvelles personnes découvrent votre travail et certaines rejoignent à leur tour votre audience…
Comment relier concrètement les éléments de votre écosystème ?
Vous connaissez maintenant les différentes fonctions de votre écosystème marketing mais comment les faire travailler ensemble pour qu’elles contribuent réellement à vos objectifs ?
Voici trois mécanismes pour commencer :
Faire circuler vos contenus : un article publié sur votre newsletter peut être repris, alimenter une publication sur votre site ou être recommandé par un partenaire.
Relier vos contenus à vos offres : lorsqu’un article traite d’une problématique que vous accompagnez professionnellement, vous pouvez permettre aux lecteurs de découvrir une prestation correspondante. Un lien vers une page claire ou un cas client suffit à rendre cette possibilité visible.
Faire remonter les informations de votre audience : les questions, objections et expériences partagées par vos lecteurs constituent une source d’informations pour comprendre leurs préoccupations. Elles peuvent nourrir vos prochains articles, vous aider à préciser votre positionnement ou révéler des besoins auxquels vos offres ne répondent pas encore.
Chaque élément contribue au fonctionnement des autres.
Vos contenus attirent de nouveaux lecteurs → Leurs retours enrichissent vos analyses → Vos analyses construisent votre crédibilité et peuvent susciter des demandes → Vos expériences professionnelles apportent de nouveaux sujets et de nouvelles preuves.
Vous disposez alors d’un système dans lequel la production éditoriale, la relation avec l’audience et le développement de votre activité se renforcent mutuellement.
3. Comment améliorer la performance de sa newsletter ?
Avant d’investir dans un nouveau levier d’acquisition, la première chose que je fais est d’examiner ce qui fonctionne déjà et ce qui doit être retravaillé.
Une newsletter peut avoir du mal à attirer de nouveaux lecteurs ou elle peut déjà posséder une audience sans générer la moindre demande.
Si les problèmes sont différents, les solutions le sont également.
Commencer par un diagnostic de votre parcours
1. Savez-vous qui vous souhaitez attirer ?
Votre audience actuelle correspond-elle aux personnes que vous aimeriez toucher ?
Connaissez-vous leurs préoccupations et les canaux sur lesquels elles découvrent habituellement de nouveaux contenus ?
Mieux connaître votre audience Substack grâce à l’IA ?
Pour le savoir, voici une méthode relativement facile que vous pouvez utiliser :
Outils : Claude + export CSV d’abonnés Substack + l’extension Claude in Chrome.
Depuis votre tableau de bord Substack, exportez vos abonnés au format CSV.
Importez le fichier dans Claude et demandez-lui d’analyser votre audience.
Si vous disposez de l’extension Claude in Chrome, autorisez-le à consulter votre tableau de bord Substack pour identifier les publications associées à vos abonnés.
Demandez-lui de regrouper les résultats dans un fichier Excel et de produire une synthèse par thématique.
Le prompt à copier dans claude :
À partir de mon export CSV d’abonnés Substack, aide-moi à analyser la composition de mon audience.
Utilise les informations présentes dans mon export et, si tu as accès à mon tableau de bord Substack via Claude in Chrome, identifie les abonnés qui possèdent une publication.
Pour chaque publication dont le rattachement est vérifiable, récupère les informations publiques disponibles : nom, URL, description, thématique, langue et taille d’audience affichée.
Regroupe ces informations dans un fichier Excel et réalise une synthèse des grandes thématiques représentées, de leur poids dans mon audience et des publications susceptibles de correspondre à mon public cible.
Distingue les données vérifiées des thématiques déduites automatiquement. Ne recherche pas d’informations personnelles à partir des adresses email sur d’autres plateformes.
Exemple de résultats (chiffres illustratifs) :
Sur 800 abonnés analysés, 610 possédaient une publication Substack visible, soit 76 % de l’audience. Parmi les thématiques les plus représentées figuraient l’actualité économique (120 publications), le marketing et la création de contenu (85), le business et l’entrepreneuriat (65), ainsi que l’IA et la technologie (40).
Ce type d’analyse permet de mieux comprendre les profils présents dans une audience et d’identifier des publications avec lesquelles envisager des collaborations ou des recommandations croisées et également d’utiliser la fonctionnalité ”segmentation de Substack”.
Une précision : les thématiques sont déduites des descriptions publiques des publications, et non des catégories officielles de Substack. Les résultats restent donc indicatifs et les classifications incertaines doivent être vérifiées.
L’intérêt de l’exercice est ensuite de comparer la composition de votre audience avec les personnes que vous cherchez réellement à toucher, pour ajuster vos contenus et vos canaux d’acquisition si nécessaire.
2. Votre proposition éditoriale donne-t-elle envie de s’abonner ?
Une personne qui arrive sur votre page comprend-elle immédiatement ce qu’elle va recevoir ?
Votre présentation, vos articles mis en avant et votre page d’inscription permettent-ils d’identifier votre territoire éditorial ?
Si vous obtenez beaucoup de visites mais peu d’abonnements, cette étape mérite d’être examinée.
(Si vous hésitez, le plus simple est d'avoir un œil extérieur : demandez à un ami qui ne connaît pas votre travail, ou passez m'en parler directement dans le chat, je vous répondrai avec plaisir !)
3. Vos contenus construisent-ils la relation recherchée ?
Regardez vos dernières publications. Apportent-elles des informations utiles à votre cible ? Permettent-elles de comprendre votre expertise, votre point de vue et ce qui vous distingue d’autres publications sur le même sujet ?
Pour le vérifier, intéressez-vous aux comportements de vos lecteurs : quels articles génèrent des réponses, des partages ou des clics vers vos ressources ? Quels sujets suscitent des questions ou des échanges approfondis ? Et combien de personnes se désabonnent après vos envois ?
Ces informations vous aideront à identifier les contenus qui intéressent réellement votre audience et ceux qui contribuent à construire votre crédibilité auprès d’elle.
4. Vos lecteurs peuvent-ils facilement passer à l’action ?
Ici, la question est de savoir : si un lecteur souhaite travailler avec vous, acheter un produit ou découvrir une offre, sait-il immédiatement comment faire ou cela lui demande t-il un effort (qu’il ne fera donc pas) ?
Une page de services claire, des liens accessibles et des modalités de contact rassurantes et bien valorisées permettent d’éviter qu’une personne intéressée abandonne son parcours faute d’informations.
En pratique : Comment mesurer les conversions générées par votre newsletter ?
Si vous avez un site internet :
Vous pouvez utiliser Google Analytics 4 (GA4) pour suivre le parcours des visiteurs provenant de votre newsletter : consultation de vos offres, clic sur une prise de rendez-vous, envoi d’un formulaire ou achat.
Ajoutez des paramètres UTM à vos liens pour identifier le trafic issu de vos emails, puis configurez les événements que vous souhaitez mesurer.
Si vous n’avez pas de site internet :
Vous pouvez déjà suivre certaines actions directement depuis votre newsletter :
Les clics : utilisez les statistiques Substack pour connaître le nombre de clics sur les liens vers vos offres, votre calendrier de réservation ou vos produits.
Les prises de rendez-vous : créez un lien de réservation dédié à votre newsletter avec un outil comme Calendly, si votre offre le permet.
Astuce : utilisez des liens de réservation distincts ou des paramètres de suivi selon leur emplacement sur Substack : dans vos articles, sur votre page À propos ou dans votre email de bienvenue, par exemple.
Vous pourrez ainsi identifier les points de contact qui génèrent le plus de rendez-vous.
Les ventes ou demandes : utilisez un formulaire dédié ou un code promotionnel spécifique à votre newsletter pour identifier certaines conversions.
L’objectif est de mesurer combien de lecteurs manifestent un intérêt pour vos offres et combien passent réellement à l’action.
Ces méthodes ne permettent pas d’attribuer toutes les conversions mais c’est un bon début :)
Ces questions vous permettent d’examiner les principales étapes de votre parcours afin d’attirer les bonnes personnes, leur donner envie de s’abonner, construire une relation et faciliter la conversion.
La suite consiste à choisir les actions à mener en priorité, plutôt que de multiplier les initiatives marketing sans savoir lesquelles auront le plus d’impact.
Quels leviers activer selon le niveau de développement de votre newsletter ?
Une fois le diagnostic posé, vous pouvez déterminer les actions à mettre en place.
Toutes les newsletters ne pourront pas utiliser les mêmes outils ni y consacrer les mêmes investissements.
Une publication qui démarre doit d’abord valider son positionnement et sa capacité à attirer les bonnes personnes.
Une newsletter déjà bien lancée peut commencer à optimiser la conversion, la fidélisation ou la rentabilité de son acquisition.
Voici une grille pour identifier les leviers adaptés à votre situation.
Ces niveaux sont des repères, il n’y a pas d’étapes obligatoires à franchir...
Le bon levier est celui qui répond au problème identifié dans votre diagnostic !
Par exemple, si votre newsletter attire déjà régulièrement des lecteurs qualifiés mais qu’aucun ne consulte vos prestations, commencer par améliorer la présentation de vos offres sera probablement plus utile que d’investir dans la publicité.
À l’inverse, si vos contenus génèrent déjà des demandes commerciales et que vous connaissez leur rentabilité, vous pouvez envisager d’accélérer l’acquisition avec des leviers payants.
Dans les deux cas, les résultats doivent être mesurés pour savoir si les investissements en temps et en argent sont justifiés.
Quels indicateurs suivre pour mesurer la performance de sa newsletter ?
Je ne vais pas vous perdre avec trop d’indicateurs à mesurer, l’idée est juste de vous donner quelques pistes pour vous guider :
Pour l’acquisition : nouveaux abonnés, provenance des abonnements.
Pour l’engagement : clics, réponses, partages, désabonnements.
Pour la conversion : prises de rendez-vous, demandes, ventes.
Pour la fidélisation : évolution des désabonnements, régularité des interactions, part des lecteurs qui reviennent consulter vos contenus.
Le plus important est de relier vos indicateurs à votre objectif. Une newsletter peut avoir un bon niveau d’engagement sans générer de clients, comme elle peut générer des opportunités avec peu d’interactions visibles.
Enfin, gardez en tête que le taux d’ouverture doit être interprété avec prudence, notamment depuis les protections de confidentialité d’Apple. Il peut donner une tendance, mais il ne suffit pas à évaluer, à lui seul, la performance réelle d’une newsletter.
Combien vaut réellement un abonné ?
Ne vous offusquez pas de cette question très marketing car elle devient très importante dès lors que l’on commence à investir de l’argent (ou beaucoup de temps) dans le développement de sa newsletter.
En marketing, on utilise la notion de Lifetime Value pour estimer la valeur économique d’un client sur la durée de sa relation avec une entreprise.
Pour une newsletter, on peut également chercher à estimer la valeur économique de ses abonnés, en tenant compte des revenus qu’ils génèrent et des coûts nécessaires pour les acquérir et les fidéliser.
Prenons un exemple assez basique :
Une newsletter gratuite possède 1 000 abonnés.
Sur une période donnée, 2 % deviennent clients d’une prestation qui génère 300 € de marge contributive par vente.
Cela représente :
20 clients
6 000 € de marge contributive totale
6 € par abonné en moyenne sur la période.
A noter : Ces chiffres sont fictifs et supposent que les ventes puissent être attribuées à la newsletter. Ils n’intègrent pas l’ensemble des coûts liés à la production des contenus, aux outils et à l’acquisition.
Les 6 € obtenus ne constituent donc ni un bénéfice net ni une Subscriber Lifetime Value complète
Je vous parle de ce vilain calcul parce qu’il permet d’estimer la valeur économique générée par votre audience et de la mettre en parallèle avec les ressources nécessaires à son développement !
Passé un certain stade, vous pouvez envisager d’autres leviers pour accélérer la croissance de votre newsletter : campagnes publicitaires, collaborations avec des experts complémentaires, partenariats…
Mais pour comparer ces différents canaux, il faut examiner leurs coûts, les conversions obtenues et les marges générées.
Un abonné acquis pour 2 € n’est pas nécessairement plus rentable qu’un abonné acquis pour 5 € si le second a davantage de chances de devenir client...
Lorsque le modèle économique fonctionne et que les données sont suffisamment fiables, il devient possible de réinvestir une partie des revenus dans l’acquisition de nouveaux abonnés. Ces nouveaux lecteurs peuvent, à leur tour, générer des revenus qui financeront la croissance de la publication.
C’est le principe d’une boucle de croissance financée par les revenus de l’activité. Elle peut fonctionner, à condition que les marges générées justifient les dépenses d’acquisition et les coûts de fonctionnement.
Les newsletters qui connaissent une croissance spectaculaire ne sont pas nécessairement écrites par des génies tellement intéressants que des milliers de personnes se précipitent spontanément pour les lire. Il peut aussi y avoir derrière leur développement une stratégie de distribution, des investissements et un véritable pilotage marketing.
Rassurez-vous ! Avant de sortir la carte bancaire pour lancer une campagne de pub, il est souvent plus intéressant d’améliorer ce que vous avez déjà réalisé.
Une offre mieux présentée, des liens pertinents vers vos prestations ou un parcours de prise de rendez-vous plus simple peuvent parfois produire davantage de résultats que quelques centaines d’abonnés supplémentaires.
Conclusion : Faire grandir sa newsletter, oui mais pourquoi ?
Si je devais résumer l’idée que j’aimerais vous laisser après cet article, ce serait celle-ci : votre newsletter ne se résume pas à son nombre d’abonnés. Elle peut aussi devenir une pièce maîtresse de votre stratégie si vous l’intégrez dans un écosystème cohérent.
Sur Substack, nous accordons beaucoup d’importance aux paliers d’audience.
Les 100 premiers abonnés, puis les 500, les 1 000, les 5 000.
Construire une audience demande du temps, du travail et une régularité que je connais bien et ce sont de vraies petites victoires mais ce nombre reste accessoire !
Avoir 10 000 abonnés n’est pour beaucoup qu’un moyen et non une finalité. .
Dans cette édition je tenais à apporter une dimension plus professionnelle au développement d’une newsletter en parlant d’acquisition, de conversion et de rentabilité mais avoir une newsletter n’est en rien une obligation pour développer une activité et cela doit avant tout partir d’un désir de votre part de développer du contenu long.
Il ne faut pas oublier pourquoi les gens s’abonnent à une newsletter. Ils viennent chercher des informations, une expertise, un regard, parfois simplement le plaisir de retrouver une voix qu’ils apprécient.
Tous ne deviendront pas clients, mais certains partageront nos articles, recommanderont notre travail ou contribueront aux conversations que nous essayons de faire émerger.
Cette relation possède une valeur qui ne se résume pas à son seul potentiel commercial.
À très vite
Emilie
Et si on travaillait ensemble ?
Bon, après vous avoir expliqué pendant tout un article qu’il fallait penser à relier sa newsletter à son activité professionnelle, ce serait quand même un comble que je ne le fasse pas moi-même !
J’accompagne les indépendants et les entreprises à optimiser leur présence digitale et à faire de leurs contenus un véritable levier de visibilité et de croissance.
Si vous avez envie de faire de votre newsletter autre chose qu’un simple compteur d’abonnés, ou plus largement de construire une stratégie éditoriale qui serve réellement vos objectifs, on peut en discuter !




